Le Superéthanol-E85 poursuit sa progression en 2023

24 janvier 2024

Face à la hausse persistante des prix de l'essence et à la croissance constante des véhicules à essence sur le marché, le Superéthanol-E85 continue de gagner du terrain. Avec une augmentation de 5 % de sa consommation l'année dernière et une part de marché atteignant désormais 6,5 %, ce biocarburant demeure une option attrayante.

Devant la montée incessante des prix de l'essence et la part grandissante des véhicules à essence sur le marché, l'éthanol en tant que carburant automobile poursuit sa progression. La consommation de Superéthanol-E85 a connu une augmentation de 5 % l'année dernière (après un bond de 83 % en 2022), plaçant désormais le carburant à une part de marché de 6,5 %. Actuellement, 39 % des stations-service (soit 3 568, en hausse de 276 par rapport à 2022) proposent ce biocarburant, principalement distribué par TotalEnergies et Intermarché.

Le prix du Superéthanol-E85 est inférieur à 1 euro par litre, soit 35 % moins cher que le SP95-E10 en raison de taxes moins élevées. Pour les conducteurs parcourant 13 000 km par an, cela représente une économie dépassant les 590 euros par an. Quant aux automobilistes réalisant des trajets plus longs, avec une moyenne de 20 000 km par an, les économies pourraient s'élever à 879 euros par an.

Un parc qui progresse

Le nombre de véhicules roulant au Superéthanol-E85 a enregistré une augmentation de 23 %, atteignant désormais 371 000 unités. La progression en 2023, de 70 000, se repartie entre l'immatriculation de 40 000 voitures équipées d'origine pour accepter de l'E85 (essentiellement des Ford) et 30 000 installations de boitiers en post-équipement, contre 85 000 en 2022. Il y a donc un tassement des installations à comparer de 2022, année qui a connu un véritable bond face à l'envolée du prix de l'essence. Désormais, les acteurs du marché doivent se confronter à des pratiques illégales où les automobilistes roulent au Superéthanol-E85 sans installation de boîtiers, en reprogrammant simplement le calculateur moteur. Une pratique qui peut endommager le moteur et amendable à hauteur de 3 750 euros.

L'installation de boîtiers permet de rendre compatible les voitures à essence classique avec sa version écologique principalement produite à partir de betteraves ou de céréales. Certaines collectivités soutiennent cette transition en offrant des aides pouvant atteindre 500 euros pour une installation dont le coût varie de 700 à 1 500 euros selon le véhicule et le fabricant.

L’un d’eux, Biomotors, a indiqué avoir converti depuis 2017 près de 250 000 véhicules en partenariat avec de grandes enseignes d’après-vente telles que Motorcraft, Point S, Roady, Midas, L’Auto Leclerc, Emil Frey, et Alliance Automotive Group. De son côté, Flexfuel a équipé 102 000 véhicules en 10 ans grâce à un réseau de 2 500 installateurs. La société a récemment conclu un accord de partenariat avec la compagnie de chauffeurs VTC Bolt, ce qui pourrait permettre à chaque conducteur d'économiser entre 2 000 et 4 000 euros par an. L'objectif est d'équiper 19 000 chauffeurs. En seulement 3 mois, 30 000 courses Bolt ont été réalisées avec du Superéthanol-E85. La société finlandaise eFlexFuel aspire également à s'imposer sur le marché français, ayant déjà commercialisé 60 000 boîtiers dans 25 pays.

Des Superéthanol-E85 encore moins émetteurs de CO2 ?

Le Superéthanol-E85 se présente comme une solution significative pour réduire les émissions de CO2 par rapport à l'essence fossile. Alors que le règlement européen sur le CO2 prévoit la fin des ventes de voitures neuves émettant du CO2 au pot d’échappement à partir de 2035, le Superéthanol-E85 s'affirme comme une alternative viable. En collaboration avec l'IFPEN, une étude est en cours pour tester trois types de Superéthanol-E85 100 % renouvelable. Les résultats indiquent des émissions nettement inférieures aux normes antipollution actuelles et futures, ouvrant la voie à une solution plus respectueuse de l'environnement.

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