Auto actu : Le parc convertible à l’E85 s’étend en 2019

Relancée par la légalisation des boîtiers de conversion, la consommation de superéthanol-E85 a augmenté de 55% en 2018 et devrait rester sur ce rythme de croissance en 2019. Les fabricants de boîtiers prévoient d’équiper plus de 40 000 véhicules en seconde monte et un constructeur devrait proposer une nouvelle offre Flexfuel en première monte cet été.

Les ventes de véhicules neufs flexfuel, fonctionnant au superéthanol-E85, ont stagné à un niveau très bas en 2018 en France, avec seulement 750 immatriculations VP. On est loin des 3 200 immatriculations de 2008 mais il faut dire que l’offre est quasi-inexistante, avec seulement un modèle proposé l’année dernière, la Golf Multifuel, dont la commercialisation a été stoppée en cours d’année. « Un autre constructeur devrait lancer un modèle flexfuel à partir de cet été », annonce le porte-parole de la Collective du bioéthanol. On l’aura compris, ce n’est pas ça qui va faire grossir le parc de véhicules fonctionnant à l’E85, un parc qui a atteint les 102 500 unités, dont 32 500 véhicules flexfuel d’origine et 70 000 véhicules équipés de boitiers E85 en seconde monte. C’est sur ce dernier créneau que le marché devrait se développer, grâce à l’arrêté de décembre 2017 qui « légalise » ces boitiers et leur installation. 

Plus de 40 000 installations de boîtiers E85 visés en 2019
Toutefois, les homologations accordées aux fabricants sont délivrées au compte-gouttes par le CNRV (après des tests effectués par l’Utac) dans les 8 catégories définies par la loi. « Nous en avons obtenu trois ce qui nous permet de couvrir 58% du parc », se félicite Alexis Landrieu, gérant de Biomotors, l’un des trois fabricants de boîtiers homologués (avec FlexFuel Company et ARM Engineering). « Nous avons commencé en juin par les véhicules les plus anciens, en euro 3 et 4 à injection indirecte, car il y avait un forte demande de cette population face à la hausse des prix de l’essence (sachant que l’E85 est à 0,68 euro le litre) ; puis, en septembre, nous avons obtenu l’homologation pour le gros du marché, les euro 5 et euro 6 à injection directe de moins de 7 CV, et nous couvrirons 90% du marché ce semestre, avec deux autres homologation en cours », explique-t-il. « Nous avons installé 15 000 boîtiers en 2018 et nous sommes sur un rythme de 2 500 installations pas mois, soit 30 000 en 2019 », prévoit-il. 
Biomotors, qui compte déjà 500 installateurs, a signé avec le réseau Point S (530 centres) qui sera formé au cours de ce semestre. FlexFuel Company, qui table pour sa part sur 12 000 installations de boîtiers en 2019 (car n’est homologué que pour 20% du marché) s’appuie sur le réseau Speedy pour installer ses boîtiers.

Une consommation d’E85 en hausse de plus de 50% chaque année
Portée par le développement du parc équipé, la consommation de carburant E85 a augmenté de 55% l’année dernière pour peser 1,7% de la consommation totale d’essence, « et même 2,3% sur le seul mois de décembre », souligne Sylvain Demoures, représentant de la Collective du bioéthanol. « Avec de plus en plus de stations-services distribuant de l’E85 (12% des stations en France en 2018), nous tablons sur une nouvelle hausse de 50% de la consommation en 2019. Cela reste peu – à peine 0,5% de l’ensemble des carburants – alors il y a de la marge avant de craindre un retour en arrière sur sa fiscalité avantageuse. L’Etat devra s’en prendre d’abord au GPL et au GNV qui ne sont pas des carburants renouvelables comme l’E85, composé à 85% de bioéthanol. En termes de capacité de production, le bioéthanol occupe pour l’heure 1% des surfaces cultivées en France, soit 15% de la production de betteraves et moins de 5% des céréales, donc là aussi il y a de la marge ».

Des aides à l’installation de boîtiers
Outre le tarif très avantageux du carburant E85 (même s’il génère une surconsommation de l’ordre de 20%), les véhicules équipés de boîtiers Flexfuel offrent aux entreprises une TVA récupérable à 80% (comme le Diesel). La collective du bioéthanol espère plus, comme des aides à l’installation de boîtiers, qui coûtent de 700 à 1000 euros. « Ces aides existent déjà dans les régions du Grand Est, Paca et Hauts de France et nous attendons beaucoup de la Loi d’orientation des mobilités pour un meilleur soutien de l’E85. Les véhicules équipés devraient aussi pouvoir bénéficier d’une vignette Crit’air 1″, estime la collective.

Xavier Champagne pour Autoactu.com

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